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Quel est le sort des primes non contractuelles en cas d’absence du salarié ?
Quel est le sort des primes non contractuelles en cas d’absence du salarié ?
Les entreprises versant souvent des primes aux salariés (prime de bilan, de résultat, de 13ème mois, etc.), la question se pose de savoir quel est le sort de ces primes en cas d’absence du salarié sur une partie de l’année. Sont-elles dues intégralement ? Doivent-elles être proratisées ? Peuvent-elles ne pas être versées ?
La réponse aux questions citées dépendra notamment des caractéristiques de la prime en cause. Mais il faut veiller à ne pas créer de discriminations dans l’entreprise !
Quand la prime a le caractère d’une libéralité, n’étant pas obligatoire, l’employeur a toute liberté de ne pas la verser, et a fortiori en cas d’absence du salarié. Il n’en irait différemment que si le salarié prouvait que l’employeur est coupable d’une discrimination dans sa décision. 2.1 Discrimination Quel que soit le caractère de la gratification (libéralité ou élément de salaire), l’employeur est tenu de respecter le principe de non discrimination entre les salariés. Il ne peut prendre en compte des critères illicites (sexe, race, religion, appartenance syndicale...) pour justifier une différence de traitement. Ce principe est prévu par les articles L 1132-1 et L. 1142-1 du code du travail et les atteintes à ce principe sont répréhensibles pénalement. Compte tenu de ce principe, un employeur ne peut refuser de verser une prime (obligatoire ou non) en se fondant sur le sexe, la religion … Ainsi, le régime des primes, en cas d’absence pour congé maternité ou congé parental, doit être identique à celui appliqué pour les autres absences. 2.2 Primes versées à titre d’usage et absences Si la prime résulte du contrat de travail ou de la convention collective, il faut s’y référer pour savoir à quelles conditions la prime est due en cas d’absence. Si la prime a le caractère d’un usage, elle est obligatoire, tant qu’elle n’est pas dénoncée. L’employeur peut décider librement des conditions d’octroi de ces primes, sous réserve des discriminations.
C’est ainsi que l’employeur peut conditionner le versement de la prime à la présence effective du salarié à une date donnée. Ainsi, par exemple, il a été admis que l’employeur soit autorisé à ne pas verser une prime à une salariée absente pour congé maternité le 31 décembre, date du versement de la prime annuelle, dès lors que la convention collective instituant la prime subordonne son attribution à la présence du salarié au moment du versement (Cass. soc. 22 juillet 1986 n° 83-45.528). Si la prime ne résulte pas de la convention collective mais d’un usage, il est souhaitable d’avoir une note de service dans l’entreprise indiquant clairement les conditions d’attribution de la prime.
L’employeur peut aussi verser la prime au prorata de la présence du salarié sur l’année. Ainsi, il peut appliquer sur le montant de la gratification un abattement proportionnel au temps d'absence si celle-ci a pour objet de rémunérer une activité effective ou de récompenser les services rendus. A moins que l’acte juridique ou l’usage instituant la prime assimile certaines périodes de suspension à une période de travail effectif. Ainsi, par exemple, une prime de fin d'année peut être diminuée, compte tenu des jours d’absence, même si celle-ci et due à une absence pour congé de maternité (Cass. soc. 11 avril 1991 n° 87-41.975). Il faut évidemment dans ce cas qu’il n’y ait pas de discrimination, aussi, quelle que soit la raison de l’absence, le montant de la prime doit alors être proratisé. En conclusion, l’employeur dispose d’une marge de manœuvre certaine afin de lier le versement des primes à la présence du salarié et/ou à son travail effectif pendant une année complète, soit en évitant de créer un usage, soit, si la prime est un usage, en établissant des critères objectifs, non susceptibles d’être qualifiés de discrimination. 14 avril 2009 – Absences et discriminations – Infodoc-experts
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